Comment Bricoler

Pose de tuile canal sur plaque ondulée (PST) : le guide technique et pratique

Sommaire

On adore le charme des toitures du sud. Ces tuiles canal gorgées de soleil donnent une gueule incroyable à n'importe quelle bâtisse. Mais disons les choses comme elles sont : la pose traditionnelle sur volige, c'est lourd, c'est complexe, et ça demande une pente d'alpiniste pour ne pas prendre l'eau. Vous cherchez une alternative plus sûre, plus légère, mais qui garde le look ?

La pose de tuile canal sur plaque ondulée, ou système PST (Plaque Sous Tuile), consiste à fixer des plaques en fibres-ciment sur la charpente pour garantir l'étanchéité. Les tuiles canal sont ensuite collées ou crochetées directement sur l'onde de la plaque. Cette technique permet de rénover des toitures à faible pente (dès 9 %) tout en conservant l'esthétique traditionnelle.

Pourquoi tout le monde passe à la plaque ondulée (PST) ?

Ce n'est pas un hasard si cette méthode a envahi le marché de la rénovation. Oubliez la méthode ancestrale où l'étanchéité ne tenait qu'au bon chevauchement des tuiles. Ici, c'est la plaque qui fait le job.

Concrètement, vous gagnez sur trois tableaux :

  1. Une étanchéité absolue. Même si une tuile casse ou glisse un jour de grand vent, votre maison reste au sec. La plaque en dessous est imperméable. Point.
  2. Une pente réduite. La tuile canal traditionnelle exige souvent 25 à 30 % de pente. Le système PST permet de descendre jusqu'à 9 % (environ 5°). C'est idéal pour les extensions ou les toits plats contemporains.
  3. Un régime sec pour la charpente. Vous économisez le poids de la « tuile de courant » (celle du dessous). La plaque la remplace. Sur une toiture de 100 m², c'est plusieurs tonnes en moins sur vos poutres.

Pour visualiser la différence, regardez ce comparatif :

Critère Pose traditionnelle (sur volige) Pose sur Plaque Ondulée (PST)
Poids au m² Très lourd (60-80 kg/m²) Plus léger (40-50 kg/m²)
Pente minimale Élevée (25-30 %) Très faible (dès 9 %)
Risque de fuite Moyen (dépend de la tuile) Quasi nul (garanti par la plaque)
Difficulté Expert (alignement complexe) Intermédiaire (bricoleur averti)

Prérequis et matériel : on ne monte pas sur le toit les mains vides

Ne vous lancez pas avec de l'outillage approximatif. La réussite de votre toiture dépend à 80 % de la qualité de vos fournitures.

Voici ce qu'il vous faut pour un chantier qui tient la route :

  • Plaques fibres-ciment : Prenez des modèles conformes (type Soutuile d'Eternit) et surtout adaptés au format de vos tuiles canal.
  • Tuiles de couvert : Ce sont les tuiles visibles. Optez pour des modèles anciens ou vieillis si vous voulez garder du cachet.
  • Tirefonds avec kit d'étanchéité : Indispensables. Ils doivent avoir une rondelle cavalier et un joint néoprène. Sans ça, l'eau passera par le trou de vis.
  • Mastic polyuréthane spécial toiture : Type Sikaflex (modèle 11FC ou dédié tuile). Oubliez le silicone de salle de bain, il ne tiendra pas deux hivers aux UV.
  • Meuleuse d'angle : Avec un disque diamant pour la découpe des plaques et l'écornage (on y vient).
  • Crochets de fixation : Je les recommande vivement pour bloquer les tuiles en bas de pente.
    ⚠️
    Attention

    SÉCURITÉ :** Tomber d'un toit, ça ne pardonne pas. Le harnais est obligatoire. Notez aussi que les plaques en fibres-ciment sont fragiles avant d'être fixées. Ne marchez jamais au milieu d'une plaque. Posez toujours vos pieds sur les zones soutenues par les pannes de charpente ou utilisez des planches pour répartir votre poids.

Matériel nécessaire pour la pose de tuiles sur plaques sous tuiles (PST).

4 étapes pour une pose dans les règles (DTU 40.22)

Le DTU (Document Technique Unifié), ce n'est pas de la littérature pour faire joli. C'est votre seule assurance contre les dégâts des eaux. Voici la procédure, sans bla-bla inutile.

Étape 1 : préparation de la charpente et sens de pose

Avant de poser la première plaque, vérifiez l'écartement de vos pannes (les poutres horizontales). Pour la plupart des plaques standards de 1,65 m, l'entraxe maximum est généralement de 1,45 m. Si vos pannes sont trop espacées, il faudra en rajouter.

Le sens de pose est stratégique. Commencez toujours par le bas de la toiture (l'égout) et remontez vers le faîtage.

Posez les plaques dans le sens opposé aux vents dominants de votre région. L'idée est simple : le vent doit glisser sur le recouvrement latéral au lieu de s'engouffrer dessous et d'arracher la toiture.

Étape 2 : fixation des plaques et coupe des coins (crucial)

C'est l'étape que la majorité des bricoleurs ratent. Si vous superposez simplement quatre plaques à un croisement, vous obtenez quatre épaisseurs de matériau. Résultat : une surépaisseur, une toiture qui gondole et une étanchéité compromise aux joints.

La règle d'or, c'est l'écornage (coupe des coins).
Aux points de croisement de quatre plaques, vous devez couper en biseau les coins des deux plaques intermédiaires. Cela permet aux plaques de s'emboîter parfaitement à plat, comme un puzzle, sans créer de bosse.

Une fois en place, fixez les plaques avec les tirefonds.

Règle absolue : on perfore et on visse toujours au sommet de l'onde, jamais dans le creux. Si vous vissez dans le creux, vous créez un trou là où l'eau ruisselle. La fuite est garantie à la première pluie.

Étape 3 : collage et fixation des tuiles canal

Votre toit est hors d'eau, gris ou rouge brique selon vos plaques. Il faut maintenant l'habiller. Le système PST remplace la tuile de courant par l'onde de la plaque. Vous ne posez donc que les tuiles de couvert.

  1. Le positionnement : Posez votre tuile à cheval on l'onde de la plaque.
  2. Le collage : Mettez un plot généreux de mastic-colle polyuréthane ou de mousse expansive spécifique sur le sommet de l'onde avant de poser la tuile. Ça l'empêchera de glisser.
  3. La fixation mécanique : Le collage seul, c'est parfois limite en zone venteuse. Je vous conseille de fixer mécaniquement (crochet en S ou vis) les tuiles situées en bas de pente (égout) et sur les rives (côtés). Ce sont les zones les plus exposées à l'arrachement.
    💡
    Conseil Pro

    Soyez vigilant sur le recouvrement. La tuile du dessus doit recouvrir la précédente d'au moins 10 à 15 cm selon la pente de votre toit. Plus la pente est faible, plus le recouvrement doit être important pour empêcher l'eau de remonter par capillarité.

Schéma technique de l'écornage des plaques sous tuiles pour un emboîtement parfait.

Étape 4 : traitement des points singuliers (faîtage et rives)

C'est aux finitions qu'on reconnaît un pro.

  • Le Faîtage (le sommet) : On le traite généralement avec des tuiles faîtières scellées au mortier bâtard (chaux + ciment). Plus moderne et plus sain pour la charpente : le closoir ventilé déroulé sous les tuiles faîtières. Il assure une bien meilleure ventilation.
  • Les Rives (les bords) : Ne laissez pas les plaques apparentes sur les côtés. C'est moche et fragile. Utilisez des tuiles de rive spécifiques ou réalisez un scellement propre pour masquer la tranche de la plaque et protéger le bois.

Schéma en coupe montrant le collage de la tuile canal sur le sommet de l'onde.

Les 3 erreurs qui tuent votre étanchéité

J'ai vu trop de chantiers ruinés par des détails bêtes. Ne faites pas ces erreurs :

  1. Oublier la ventilation en sous-face. La condensation est votre ennemie invisible. L'air doit circuler sous les plaques. Laissez impérativement une entrée d'air en bas et une sortie en haut. Sans ça, votre charpente pourrira de l'intérieur.
  2. Percer la plaque en creux d'onde. Je le répète car c'est vital. Percer en bas de l'onde, c'est créer un trou au fond de la gouttière.
  3. Négliger la pente minimale. Même si le fabricant annonce une étanchéité dès 9 %, ne tentez pas le diable avec une pente de 2 ou 3 %. L'eau stagnera, la mousse s'installera, et l'étanchéité finira par céder.

Quel budget prévoir au m² en 2026 ?

La pose sur plaque ondulée est économiquement intéressante car elle divise le nombre de tuiles par deux et accélère la pose.

Pour une rénovation réalisée par vos soins, comptez un budget matériaux moyen entre 35 € et 50 € par m².

Ce prix inclut :

  • Les plaques sous tuiles (env. 15-20 € / m²).
  • Les tuiles canal de couvert (env. 15-20 € / m²).
  • La visserie et le mastic (env. 5-10 € / m²).

C'est nettement moins cher qu'une toiture traditionnelle complète qui demande deux fois plus de tuiles et un litelage beaucoup plus dense.

Maintenant, à vous de jouer

Passer au système PST, c'est choisir la tranquillité. Vous gagnez en sérénité sur l'étanchéité, vous soulagez votre charpente, et vous préservez le cachet inimitable de votre maison. Si vous respectez scrupuleusement l'écornage des plaques et la fixation en sommet d'onde, votre toit est parti pour durer 30 ans sans bouger.

Vous avez un doute sur le choix de vos plaques ou sur le type de colle ? Posez votre question dans les commentaires juste en dessous, je réponds à tous ceux qui se lancent.

FAQ

Peut-on marcher sur des plaques sous tuiles ?

Non, sauf si vous utilisez des planches de répartition de charge posées sur les pannes. Sinon, vous risquez de passer au travers.

Quelle est la pente minimum pour une toiture en tuiles canal sur plaque ?

Généralement 9 % (environ 5°). C'est bien plus faible que les 25-30 % requis pour une pose traditionnelle.

Comment coller les tuiles sur les plaques ondulées ?

Utilisez un mastic-colle polyuréthane en plots sur le sommet de l'onde, ou mieux, des crochets en S galvanisés pour une tenue mécanique.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *